22 décembre 2006

HUIT ANS APRES

Acte I

    Par une belle matinée de septembre 1997, équipé de ma plus belle tenue de jardin, je m'apprêtais à tondre ce qui ne ressemblait déjà plus à une pelouse lorsque mon regard fut attiré par une ridicule ridule sur le crépis de ma maison. Intrigué, j'estimais rapidement qu'il s'agissait d'une fissure et entrepris de contrôler l'ensemble de l'édifice. Une autre fissure commençait à se dessiner  sur la façade avant et une troisième en bas de la fenêtre du salon. J'alertais la compagnie d'assurance (AXA Global Risks - in English of course) qui  se trouvait être  mon interlocutrice pour la garantie décennale. Un expert vînt, constata et posa deux témoins sur les ridules avant et arrière. Surveillance me dit-il.

     Surveillons donc.

    Octobre 1998, les ridules étaient devenues des rides sévères (5 mm de large) et l'expert pensa qu'une crême anti-rides n'était pas suffisante mais qu'il fallait rechercher la cause à sa base. La base d'une maison étant son sol, il dépécha une société spécialisée dans l'étude du dit sol. Le résultat fut sans appel : construction sur un terrain pourri. Soit un à deux mètres de remblai hétérogène, puis une demi-douzaine de mètre d'argile verte et enfin une roche un peu solide: des argiles supra-gypseuses.
    Le rapport précisait qu'il s'agissait d'un sinistre parfaitement identifié comme appartenant aux dommages-ouvrages et préconisait une reprise en sous-sol à base de longrine et de micro pieux.

    AXA Global Risks en convînt.

    L'expert me conseilla un maître d'oeuvre reconnu pour ses compétences (ingénieur des Ponts, plus de trente ans d'expérience et tout et tout). Un bureau d'étude calcula les charges, les contraintes, les forces de friction, j'en passe et des meilleures. Le maître d'oeuvre consulta diverses entreprises et délivra un devis. Le 18 Février 2000.

    Jusque là tout allait bien, lentement certes et le délai de quatre-vint dix jours était déjà dépassé d'un an, mais bon.

    Plus plus rien, silence total. Enfin silence, si on veux: ma note de téléphone a chauffé quelques mois. Réponses évasives : mon dossier suivait son cours, on attendait l'avis du maître expert vérificateur. Enfin une réunion de chantier fut organisée en octobre 2000 et nous devions toucher le Grand Maître expert-
vérificateur. Qui ne vérifia rien puisqu'il ne vînt pas...

    De nouveau attente, téléphone, lettres recommandables puis recommandées, puis avec accusé de réception.

    Puis un autre beau jour de novembre, deux ostrogoths (je n'ai rien contre les Ostrogoths s'il reste dans leur siècle) débarquèrent à l'improviste dans mon salon. Mandatés par AXA Global Risks (à moins que ce ne soit AXA Courtage car à partir de ce moment là je n'ai plus su qui était qui et réciproquement). Ils mesurèrent, compatirent devant l'ampleur des dégats et hochèrent la tête dubitativement.

     Sience à nouveau.DSC01408


Posté par 024091 à 11:08 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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